Teatro Massimo à Palermo… Volet Nr.12

Teatro Massimo à Palermo…  Volet Nr.12    

Palermo, il giorno che la vidi per la prima volta… Volet Nr. 12

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Le Teatro Massimo Vittorio Emanuele

 

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 Un jeune couple, fraichement marié, pose avec bonheur sur les larges marches de l’escalier monumental qui mènent à l’entrée du théâtre Massimo à Palerme… ; « La bella sposa », dans un nuage de dentelles, sourit au jour ensoleillé; le bouquet de noces à leurs pieds semble se reposer… dans le même bonheur,  et le jeune époux, fier de cet accomplissement, non sans raison, regarde avec confiance l’horizon pour braver l’avenir, le cadre a été bien choisi.

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 Il Teatro Massimo Vittorio Emanuele

Ce théâtre somptueux, le Teatro Massimo à Palerme, mérite sa renommée… non seulement à cause de ses prestigieux spectacles, opéras et concerts donnés… mais aussi d’avoir été élu comme décor où se déroula la scène finale du film  « Le Parrain III » Souvenez-vous des séquences tournées à l’intérieur de l’opéra, la tentative d’assassinat du Parrain, et finalement… la cruelle fusillade sur ces marches mêmes… sur lesquelles notre couple se repose innocemment…

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… où est tombée aussi la belle et irrésistible « cousine » (l’actrice d’origine sicilienne, Sofia Carmina Coppola),   sous les balles du tueur de la Maffia,  après avoir jeté un dernier regard d’amoureuse désespérée à son cousin… film inoubliable, tourné avec maestro!

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De chaque côté du large escalier de l’entrée veillent des fauves féroces, des lions même… royalement chevauchés par des créatures drapées, deux femmes à cheval de lion représentant « la comédie et le drame », sorte d’allégories,  des chérubins sans ailes… damnées à les apprivoiser.  La nuit venue, l’éclairage rend les bêtes particulièrement impressionnantes… l’ombre et la lumière jouent sur leur musculation puissante… leur gueule grande ouverte, les crocs menaçants…  guettant je ne sais quel fantôme… On sent le souffle de leur haleine ronflante, pareille à des rugissements de bête apocalyptique  jetant au vent leurs panaches de flammes… avec un bruit de métal fondu et qui sonne à faire trembler la ville…

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Allegorie della « Lirica » e della « Tragedia » (splendide opere scultoree in bronzo di Mariao Rutelli e Benedetto Civiletti) ornano l’imponente scalone del  Teatro Massimo in Piazza G. Verdi.

 

La comédie et le drame,

Cet appât de l’amour

Et la volupté en piège ;

Une ruse de la nature,

Quand, emportés par

L’impétuosité du sang,

Le baiser est donné ;

Froid et violent,

Sur des lèvres inconnues…

 

Le regard fixe et ardent

Et que les yeux ne voient pas.

Jetés dans des bras, à son gré,

Qui ne s’ouvraient, parce qu’ils

Devraient s’ouvrir…

 

La nature a vaincu

La raison insurmontable…

Quand l’affolement passé,

Une tristesse nous saisit ;

Laissant à l’âme

Une amère mélancolie…

 

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Au pied de l’escalier attend patiemment le fiacre… le cheval somnolant…et le cocher endormi…  sous le soleil de plomb palermitain…  pendant que les portes du théâtre s’ouvrent;

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« La Cenerentola » de Gioachino Rossini

L’intérieur de l’opéra est impressionnant ;  de somptueux lampadaires en verre de Murano ornent des plafonds fleuris ; de partout les dorures sur fond rouge velours vous encerclent et vous subjuguent… les balcons sembles bomber leurs  énormes ventres d’orgueil doré … fiers de leurs courbes imposantes…

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Des lourds rideaux ajoutent à la solennité du lieu; la salle, grâce à sa rondeur, présente la meilleure acoustique du théâtre.  On visite ce lieu comme une cathédrale… à mezzo voce,  n’osant parler trop fort, de peur de déranger les esprits…  Car des loges somptueuses se  penchent les fantômes invisibles des siècles passés; des applaudissements fusent,  le temps s’est arreté ; les dorures jettent des éclats, brillent de tous feux… d’un geste gracieux  une main blanche de femme écarte légèrement le rideau rouge- sang , buvant avec ivresse l’air  traversé par un parfum violent… à peine peut- on distinguer son visage dont chaque ligne révèle une grâce particulière, semble avoir une signification, dont chaque mouvement paraît dire ou cacher quelque chose… sur ses lèvres erre un léger sourire d’une une gaité délicieuse… pour disparaitre au fond  d’un nuage doré de nos rêves… perdus dans une nuit froide , une de ces nuits qu’on dirait plus vaste que les autres, où les étoiles sont plus hautes , où l’air semble  apporter des souffles glacés…  figés dans nos souvenirs, une sorte de sensation de la présence irréelle et persistante d’une femme ; l’image de son corps est resté dans ses yeux et quelque chose d’elle restée en son cœur… comme une possession étrange, troublante et exquise parce qu’elle demeure mystérieuse…

Parfois on discerne son regard… des flammes allumant ses yeux… un de ces clairs regards de femme qui pénètrent jusqu’au cœur… peut-être un compliment a trouvé son cœur qui lui fait jeter une de ces œillades rapides et reconnaissants…  qui nous font leurs esclaves…

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Les œuvres les plus jouées…

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« La Bohème » de Puccini

 Le Teatro Massimo à Palermo présente souvent Tosca et La Bohème de Puccini ou Carmen de Bizet avec des interprètes favoris comme Luiz-Ottavio Faria ou Omer M. Wellbe  et,

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Guiseppe Verdi

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“Rigoletto” de Verdi

 Bien sûr, l’honneur est toujours  à Guiseppe Verdi dont les œuvres sont les plus jouées, les plus connues comme  La Traviata, Aida, Nabucco, Rigoletto, Il trovatore, Un ballo in maschera, Otello et La forza del destino…

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“Le 4 Stagioni” de Verdi

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La traviata” de Verdi

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Vincenzo Bellini

 et puis Vincenzo Bellini, avec la Norma, La sonnambula…  Mozart  avec Don Giovanni… Gioachino Rossini présente toujours  « La Cenerentola” (Cendrillon) ossia La bontà in trionfo … et “Il barbiere di Siviglia”…

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“La Cenerentola” de Rossini

 et de Charles  Gounod  Romeo e Giulietta … de quoi ravir l’amateur de l’opéra lyrique… autant de joyaux à vous enchanter… si vous aimez l’opéra.

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 Son histoire ;

À la fin du XVIIIème siècle un certain marquis Domenico Caracciolo trouva regrettable que Palerme ne disposât pas d’un théâtre lyrique à la mesure de la ville natale d’Alessandro Scarlatti, l’homme qui a composé plus de cent opéras.

On avait bien bâti le Teatro Carolino en 1801, mais celui-ci, trop exigu et rapidement vieilli, ne conviendra jamais aux mises en scène de plus en plus fastueuses du siècle romantique. En 1844, le répertoire se limitait encore à Cimarosa,  Mayr, Rossini, Donizetti et Bellini. Le « Carolino » sera d’ailleurs rebaptisé du nom de ce dernier compositeur. Tandis que le « Bellini », donc, n’en finit pas d’être démodé, on attendra 1851 pour évoquer la construction d’un nouveau bâtiment, 1860 pour que l’autorisation paraisse au journal officiel de Sicile, et 1864 pour lancer un concours d’architecture. C’est le projet de Giovanni Battista Filippo Basile qui est retenu : les travaux avaient commencé en 1875 ;  à la mort de l’architecte, en 1891, l’Opéra sera  terminé  par son fils Ernesto Basile qui avait remplacé son père décédé. En 1997, le théâtre est rouvert après un long abandon… près de 25 ans.

Depuis sa fermeture en 1974, les spectacles sont donc donnés au Politeama Garibaldi, et aussi dans un grand nombre d’autres lieux de l’île : ainsi l’Opéra de Palerme est-il devenu un extraordinaire propagateur de l’art lyrique au sein de la population sicilienne.

Après trente ans de construction, le Teatro Massimo (« Theater maximum ») a ouvert en grande pompe en 1897. Elle est la plus grande maison d’opéra en Italie, et le troisième plus grand opéra dans toute l’Europe après ceux de Paris et de Vienne. Le théâtre  a été construit dans un style néoclassique.  La façade extérieure est néoclassique et romane.

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 Ils n’ont pas bougé… le cheval et son cocher somnolant, ou parfois endormi… partout  stationnent patiemment des fiacres en grand panache, de dentelles décorées, les sabots lustrés, venus d’un autre temps, inoubliables… attelages prestigieux, courants de voir circuler à Palerme… afin de ramener le beau monde de l’opéra… après la séance.

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Demandez le programme… de l’opéra !

Œil von Lynx- Palermo 14/11/2014

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Freiburg im Breisgau – Eine Reise – Un voyage

Freiburg im Breisgau – Eine Reise – Un voyage

1. TAG, 79104 Freiburg

    (mis à jour le 05.03.2011)

101 Münster

Freiburg im BreisgauEine ReiseUn Voyage

Donnerstag in Freiburg – 1.Tag

Was bedeutet das? Ein ANDERER Blick auf diese schöne Stadt

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Che cosa significa questo?

Un altro sguardo a questa bellissima città!

Die Stadt des (verlorenen)  Lächelns.

La città del sorriso perduto.

La ville qui a perdu son sourire.

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Hier taumeln Alle durch die Stille,

Sei es Gott oder Menschen Wille.

Die Lippen bleiben Fest verschlossen,

Nur so wird hier Die Ruh’ genossen.

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Im Sonnenschein hat man Lust

Auf eine rote leckere Wurst,

Mit Senf in den Kopf gesteckt.

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Die Wurst ist eine ernste Sache,

Da gibt es nichts zum Lachen.

Senf muss drauf,

Dann sperrt man  auf

Das Maul und schiebt

Die Wurst tief in den Gaul.

Da gibt’s dem Pferd

Erst richtigen Durst,

Ein Eimer Bier

Es trinken muss!

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Etwas Geschichte?  *Un peu d’histoire… Un po’di storia… Im Mittelalter sollte nach dem Dreißigjährigen Krieg, Freiburg zu einer uneinnehmbaren Festung ausgebaut werden. Da jedoch die Arbeiten sich “hinzogen“, waren die Franzosen schneller und überrumpelten prompt 1677 die Stadt, und heute wird sie von den Touristen belagert! Ludwig XIV (der mit dem Sonnenstich) schickte seine bedeutendsten Militärarchitekten und Meister 1679 hin, le Marquis de Vauban (1633-1707) zusammen mit Thomas de Choisy (ein Schüler) und Sébastien Prestre. Sie vollendeten Freiburg als schier uneinnehmbare Festung. Bis in 1697, wo Freiburg an die Habsburger zurückkam. Um 1714-15 fiel Freiburg noch mal den Franzosen zu….bis 1745 dauerte es, bis die Festungsanlagen gesprengt wurden….Kriege und Katastrophen, die Pest, der 30 J. Krieg, Hungersnöte und Hexenwahn, Napoléon und endlose Litaneien sind vorüber gezogen… Aber der Münster hat sie alle überlebt.

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Le guide.    ll narratore

Heute versteht sich Freiburg als alte Universitätsstadt in der sich Studenten und Professoren im interkulturellen Glanz sonnen… Bon…c’est une ville riche en histoire, en 1679 elle fut donnée à la France et Louis XIV, le ROI ensoleillé  la fit fortifier par son maréchal, Vauban, etc… à relire dans vos livres…. Bon…… das reicht, weiteres in den Geschichtsbüchern, bitte Bon..abbastanza, altro nei libri di storia, per favore…

Der schöne Park:

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Frau Ente  Madame de la Canne.

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Sonne auf der Wiese

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Die Enten baden sich. Les canards barbotent… Le anatre pulite. In Freiburg baden sich die Enten ohne Unterlass. Sauber müssen sie sein! So sind sie von einer peinlichen Sauberkeit. Geputzt wird mehrmals in der Woche (wie die Haustreppen), und sie dürfen sich in einem wunderbar gepflegten Park in ihrem Teich tummeln. Wie die lieben Bürger. Dort… von der Stadt etwas müde, suchen sie hier Ruhe und Naturschutz.

À Freiburg règne un silence étonnant, nous sommes au paradis de la béatitude et des sourires absents.

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Die liegende Steinfrau   La belle en pierre.   La bellezza della pietra. Il fait beau, le gazon est vert, Ça gazouille et ça se baigne, Tout est propre sans opprobre. C’est la réglementation !

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Der Teich  der Enten und Schwäne   Le lac des cygnes.  Il lago die cigni… Les canards toujours se lavent, Ils sont au bain condamnés.

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Die Füße der Schönen    Jolis pieds.   Bellissimi piedi…

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Der leere Taubenschlag im Park…  Le colombier vide.  Il piccione vuoto nel parco.

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Stummer Fisch im Restaurant     Mute pesce nel ristorante.. Alles geht schweigend vor sich. Ein allgemeines großes Schweigen herrscht und beherrscht die Freiburger Bürger. Sie sitzen in Restaurants beim Essen und schweigen, in den Cafés von Sonne und Schweigen überschüttet.

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Le marché est magnifique,

Coloré ou diabolique,

Lorsqu’on y mange les saucisses

Avec une âme lyrique,

Nul esquisse un sourire,

On  affiche une mine sinistre

Qui ignorent les mots pour rire.

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Il mercato è bello Colorato o diabolico Quando si mangia salsicce Con l’anima lirica, Nessuno sorride, Si presenta con un truce Che non sa le parole per1 ridere! 16 IMG_5844

Der Pilz im Walde              Il fungo nella foresta

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Mona Lisa lächelt noch  Wie lange? Il sorriso della Gioconda.. Il sorriso non è stato inventato qui, solo Mona Lisa sorride… Das Lächeln wurde hier nicht erfunden, es muss gesucht werden wie ein seltener Pilz im tiefen Wald. Eine Zeichnung am Fenster eines italienischen Kindergartens! Le sourire na pas été inventé ici, seule la Mona Lisa l’affiche! Le dessin d’un enfant  qui ne l’a pas encore perdu !

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Müder Hund… La siesta.

Kein Hund bellt, kaum ein Vogel singt.

Eine ruhige, bürgerliche Stadt mit schönen,

reich verzierten, schmucken, sauber geputzten,

renovierten Häusern allen Stils,

bis hin zum eindrucksvollen Fachwerkhaus.

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Die gelbe Rumpelkiste  Un tramway jaune.

Nur die aerodynamische bunte Straßenbahn rumpelt rücksichtslos,

wie eine Seifenkiste, mit Getöse durch die Stadt,

ohne jedoch das große Schweigen unterbrechen zu können.

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Der Traum von Herzen       Il sogno del cuore.

Alles erscheint verblüffend perfekt,

in Ordnung zu sein, wie ein Leben im Traum

L’église est belle, majestueuse,

Tout comme le soleil qui rayonne.

On fabrique des cœurs en fleurs

Qui ressembles à des couronnes,

Que l’on mettrait plutôt ailleurs.

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Der stolze Münster      Il Münster orgolioso.

Eingerüstet und stramm steht das prächtige Freiburger Münster mitten in der Stadt, umgeben vom alltäglichen bunt schreienden Markt. Der Münsterturm, der schönste Turm der Christenheit genannt! Er schwankt zwischen grau gedrungen Granit der Romanik und spitzem Filigran Finger der Gotik und den gesenkten Häuptern der Gläubigen. Ein Schmuckstück  aus bröseligem Sandstein. Samten und grabestief singt die alte zentnerschwere Glocke,„Hosanna“ ihre Hymne in alltäglich aufsteigenden Bratwurstdämpfen!

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Der Münster reckt sich in den Himmel

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Stille            Silenzio

Eine Stille wie in einer Kathedrale, wo man kaum zu atmen wagt und selbst das leiseste Wort zum Verhängnis und Störung  werden könnte! Und vorwurfsvolle Blicke die brennenden Gebetsflammen anfeuern. Gott könnte ja mithören, und was dann? Na, Spaß beiseite, wenn es den hier gibt und ernsthaft mal reden, wie immer!

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Il mercato

Im Münster sind Gläubige in abtrünniges Schweigen versunken. Nur drei streng verschnürte Nonnen singen leise, mit schönen Stimmen, zu Gott. Draußen toben die Farben der stummen Blumen wie der beginnende Herbststurm. Kaum hört man  Stimmen und nie ein Lachen.

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Où est le rire ?

La gaieté,

La joie la vivre ?

Où sont passées les voix

De femmes, claires et jolies ?

Un silence obsédant

Règne un peu partout.

À croire que le bonheur

A perdu sa voix.

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Dove si trova la risata ? Allegria, la gioia di vivere? Dove sono le voci chiare delle donne? Un inquietante silenzio Reign in tutto la città. A credere che la felicità Ha perso la voce. Groteske Fabelwesen ziehen GrimassenWo sind die hellen Stimmen der Frauen? Dove sono le voice chiare delle donne?

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Il seminario per imparare a ridereA Friburgo, ha aperto il primo seminario a imparare a ridere! é vero! Non  ho mai visto prima! À Freiburg a été ouvert le premier STAGE pour RIRE, ou plutôt pour réapprendre à rire ! Extraordinaire, unique au monde !

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In Freiburg wurde das erste LACHSEMINAR eröffnet, um die Leute aus ihrer pathetischen Stummheit zum Lachen zu verführen…Das ist eine todbitter ernste und wahre Angelegenheit. Wahrscheinlich wird hier nach Abschluss und Prüfung eines Kursus, ein Diplom oder Urkunde der neuen spontanen Lachmöglichkeit dem wieder lachenden Absolventen überreicht, welches ihn als Herr Prof. Dr. diplom, Ha- Ha auszeichnet?! Sicherlich wird der neugeborene Lacher seine Urkunde sorgfältig und ernsthaft, fest gerahmt an die Wand hängen, damit das“ Lachen nicht aus dem Rahmen fällt“!

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Der Lach Club oder Lach-Seminar von Freiburg ist weltbekannt, dort werden Lachübungen gedrillt damit den Leuten das Schweigen zum Grauen wird! Lachen und therapeutischer Humor werden hier allen ERNSTES einstudiert. Einmalig in der Welt..wie dem(MENSCH)… das Lachen verging.. Erinnern sie sich an diese Geschichte? Nein? Dann sofort einschreiben! Lachyoga für den Alltag, damit nicht NUR am Sonntag gelacht wird!

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Und Persönlichkeitstrainig :

Option:Lachen im Schwarzwald, wo sie keiner hört! Der Verband deutscher Lachyoga-Therapeuten ist sehr bekannt und besucht; Lachen erlaubt! Das habe ich zwar in der Stadt nicht feststellen können. Aber da gibt es auch eine ANLEITUNG mit LACHGAZ, für allzu ernste Gesichter! Es besteht Hoffnung, Freunde, ich freue mich schon darauf!

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Noch schreitet frau fröhlich übers Wasser

Ein Schritt, gewagt mit kurzem Röckchen.

Weiß die Dame, was sie tut?

Ein Fisch im Wasser hell auflacht,

als sie schritt so übern Bach!

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Er schob SIE, mit zärtlicher Hand auf ihrem hübschen Po, durch die Stadt, in enge verliebte Gassen… (une main délicate, un peu baladeuse, la poussa en avant…et, elle ronronnait doucement de bonheur) Ein Po, so süß, schaukelt durch die Stadt. Eine Hand, so stark, sie fühlt ihn sacht! Schon ist es um ihn geschehen, ihr Herz hat sie gesehen! Nun bittet sie die Hand noch weiter…auf der hohen Liebesleiter! Er stieg hoch, bestieg er sie, vom Schwindel erfasst, war auch die Hand, verwirrt am Rand des Körpers Lust, zart ergreifend ihre Brust… Immer richtig zugreifen im Leben!

La vie à pleines dents! .

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Die Bücher

Die Stadt ist reich an interessanten Buchläden, voller stummer Bücher, die sich wohl kaum selbst lesen? Das ist ein großer, nicht zu unterschätzender Vorteil, man findet das Buch, welches man haben möchte. Ein gutes Buch erlaubt uns auch allein zu LACHEN !

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Mülltonnen aufgereiht Ein Bummel durch die Altstadt ergibt ein treues traditionelles Bild von ihren Einwohnern. Es herrscht ORDNUNG überall. Diese Ordnung sollte von Niemandem unter/gebrochen werden. Selbst die Mülltonnen hatten sich in Reihe und Glied aufgestellt (vieleicht singen sie auch im Chor?), dem Rang nach eingeordnet, wie es sein soll und MUSS, denn wie kann man in Unordnung leben, fragt sich der brave Bürger, nur der Tourist aus dem „Land des Lächelns“ schüttelt ungläubig den Kopf! Erstaunlich, was es so alles gibt!

On surprend les gens qui

Rangent les poubelles,

En garde-à-vous, tenez vous droit

Et propre devant ce Dieu filou !

E’gente che sorprese Rank bidoni. Attenzione a voi, stare dritta E pulire davanti a Dio imbroglione!

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Achtung beißt! Da schwimmt das Krokodil herum, das Auge listig, halb verschlossen sind die Lider, schielt es auf die vollen Busen der erschreckten Frauenmieder!

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STOP ! ROT !

On s’arrête au feu ROUGE,

Attend le feu VERT,

Pour tout,

Même pour rien, et pour RIRE,

Lors du carnaval autorisé,

Sinon on enterre les morts.

Même pour rire ou

Pour pleurer !

Et ma tête je secoue

Devant l’absence de gaieté,

De joie de vivre, partout.

Je ressens comme un blâme

Ces mines d’enterrement.

Queste mine sepolte.

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Der dicke Hase  LOULOU. Il coniglio grasso..incognito! Man unterhält seine strahlenden Behausungen, pflegt Pflanze und überernährtes Tier, kleidet sich korrekt-salopp-sauber-normal. Essen bietet sich überall in gemütlichen Restaurants an. Der Komfort und die gemütliche Gemütlichkeit streiten sich um den besten Platz. Mais à quoi bon, de faire Des études de psychologie, La vie est belle. On trouve aussi des livres, Silencieux, pour rire tout seul. On mange et boit, on monte En selle et on galope sur les nuages Qui obscurcissent, parfois, le ciel !

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Das Vögelhaus          La casa degli Uccelli

Auch die Vögelhäuser, frisch an jeden Baum genagelt, haben für den erwarteten Einwohner eine Hausnummer, damit er sich zurückfindet, denn es sind doch nur Reihenhäuser…Die Vögel aber wissen hier schon Bescheid, und was die Glocke geschlagen hat…nach Sonnenuntergang ist für sie AbSchussausflugssperre !Neubauten  in allen Bäumen, mit einer Hausnummer versehen, so genannte Vögelhäuser. Aber der Eingang ist so eng, Mann fragt sich, wie man da reinkommt?

Les oiseaux sont futés, Ils ont des maisons numérotées ! Au coucher du soleil Ils sont déjà au pieu. Gli uccelli sono intelligenti, Hanno le case numerate ! Al tramonto Essi sono a letto.   41  IMG_6428 Mensch im Café  In der schönen Natur!  Chi è?

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Ein Café am Bach. Rauschendes Wasser tobt durch die Stille, umgeht geschickt einen rachenaufsperrenden Krokodilkopf und fließt weiter. Etwas Kälte steigt aus dem Bach, zieht in die Waden der Cafébesucher. Und schon wird einem Cafékunden die Wolldecke übergeworfen, wie im Wohnzimmer, seine Gemütlichkeit soll auf keinen Fall gestört oder unterbrochen werden. Der Gast soll weiter vor seinem Bier dahinschlummer können.

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Krokodil im Bach    Crocodile nel torrente…

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Ich bin sicher, er ist hier Stammkunde, lebenslang wird er hierhin steuern, um sich unter seiner Decke an seinem heißen Kaffee zu laben, vom Bier einlullen oder mit der Nase im Suppenteller verscheiden.

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ROT-Wurstverkäufer   Le vendeur de saucisses rouges!  .Il venditore della salsiccia Um die Mittagszeit riecht es überall verführerisch köstlich! Die stummen Nasen wittern Nahrung und bewegen sich gleich Automaten gen Restaurant…immer demselben? Es wird STILL gegessen hier! La cloche sonne MIDI! On mange! Il faut manger, et, en silence, svp ! Midi suonato il campanello ! Noi mangiamo ! Egli deve mangiare, e in silenzio !

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Die Wurst Kampf-Kaugruppe

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Mein Wurstverkäufer

Ein Bratwürstchenhändler.

Le DIALOGUE:!

Der Wurstverkäufer –     -Un vendeur rouge, de saucisse! *

Jooh?—                  Ouai ?
Eine Bratwurst bitte.  –   Une saucisse, s’il vous plait.
Geld, Geld!     –  L’argent, l’argent!
                Wie bitte?–     Je vous demande pardon?

Geld, Geld, schnell, schnell, und abgezählt, antwortete er, keine Zeit, trompetet mir der rote Würstchenverkäufer entgegen. L’argent, l’argent, vite, vite, et précompté! On n’a pas de temps à perdre! Was für einen Stress! Die Bratwurst bleibt mir im Halse stecken. Nie wieder! Quel stress pour moi!…. La saucisse me reste dans la gorge! Plus jamais ça!

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Grimmig Kauende   Les machoirs serrées.   Mascelle serrate !

 Überall sieht man grimmig kauende Gesichter. Allgemeine Kaukreise.

Jeder stiert verbissen auf seine Wurst! Im Allgemeinen böse Gesichter, ich war erschrocken!

Ist das der Mensch? Darf man scherzen?

Partout on voit des visages durs, fermés, en train d’achever des saucisses!

 Ovunque si vedono volti duri, chuisi !

A-t-on le droit de plaisanter ? Je me le demande ! Je reste prudent ! Ha una qualsiasi il diritto di scherzare ? Mi chiedo! Io rimango cauto! Ich dränge mich an meine süße Begleiterin, SIE lächelt! Nimms nicht so schlimm ,sagt sie mir, wenn Karneval ist, dürfen sie wieder lachen! Je me rapproche de ma jolie compagne dont j’apprécie la bonne humeur.. au moins une personne qui……sourit! Mi sto avvicinando a mia moglie bella che io apprezzo il buon umore..almeno una persona che sorride!

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Wurst auf der Faust   Salsiccia in pugno.

Kein Zweifel, wir stehen hier einer ESS- und KAUKULTUR  bei, wo jedes Wort überflüssig wird und das allgemeine Wohlbefinden und die Verdauung stört. Pas de doute, l’on assiste ici à un cercle de machonneurs silencieux, on ne parle pas en mangeant ! Et, après il faut se trouver une place au soleil, pour digérer, en silence !

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Frau Wurst..

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Nach dem Essen sucht frau und mann sich einen „Platz in der Sonne“. Wie die Tauben sitzen sie alle da, keine Bewegung geht durch die stummen Sonnenanbeter, jeder reckt stolz und selbstsicher die Nase in den Sonnenstrahl. Man MUSS in der Sonne sitzen! Schatten braucht Sonne, als ob ein Gesetz geschaffen worden wäre: Du darfst NUR in der Sonne sitzen! Unterm Licht. Verberge nichts und dich nicht im Schatten. Du hast ein reines Gewissen, du hast dir nichts vorzuwerfen. Zeige dich, zeige dich im Licht und deiner ganzen stummen Pracht! Das soll respektiert werden! Les voitures sont étincelantes On affiche visage lavé. Cette une ville très charmante, Décorée, nettoyée. On pourrait manger par terre Si une chaise venait vous manquer ! Vous n’avez pas cette chance, Il ne manque RIEN sauf l’envie  De s’asseoir où la joie est présente !

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Der grimmige Leierkastenmann   L’orgue de babarie.  L’organo di Babar. So, wie man wollüstig in ein rotes Freiburger Würstchen auf dem Markt beißt, während ein Leierkastenmann mit verbissener Miene die Kurbel dreht, um die hallenden Noten aus der Musikkiste zu quetschen. Une musique se fait entendre, C’est  un orgue de barbarie Et on tourne la manivelle Le visage renfrogné ! Pour sortir ses notes aplaties..

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Das frohlockende Herz  Les coeurs joyeux! Blumen und Blumendekorationen sind perfekt gemacht, schön zusammengesteckt, um das Leben, das stille Leben, schöner zu gestalten. Herzlich Willkommen, lautet es überall! Hier spricht das Herz, hier hat man Herz, und schöne aus Blumen gebundene Herzen! Was soll das Geschwätz  dann noch? Des jolis coeurs vous souhaitent la bienvenue ! Des cœurs faits de fleurs, ce sont des cœurs séchés, Que l’on accroche joyeusement dans sa demeure Où l’on se réjouit de les avoir accrochés.

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Une jolie décoration agréable à voir.  Ainsi on n’a plus rien à se reprocher.J’ai un cœur en larmes qui me demande pourquoiDes fleurs doivent mourir, pour que le cœur je puisse sentir ?

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Überall Herzen partout des coeurs ils ne manquent nul par pour enjoliver la vie !Vielleicht sind die Herzen nur zur Verschönerung des Lebens da?Das verstehe ich!

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Die Glücksschweine Trois cochons heureux   Tre maiali felice.

Man gedeiht in seiner Umgebung, man erwacht in Glückseligkeit, man erhebt sich und den anderen. Ein Leben ist kurz. Also soll es schön geputzt sein und angenehm unsere Seelen beleuchten.

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Ein Kran bei der Arbeit   La grue au boulot… la gru sul luogo di lavoro. Dort wird ein Haus gebaut. Aus Beton. Ein Kran ragt verlangend in den Himmel. Er will arbeiten. Er dreht, hievt, zuckt wie verrückt. Still zu stehen, behagt ihm nicht. Die Arbeiter gehen unter seinem Keuchen und Geräuschen unter, aber jeden Tag wächst das Haus um drei Meter höher in den Himmel. Ici l’on construit! Une grue ambitieuse tend son cou, Elle veut du travail,  et ne s’arrête jamais, Se tord, comme folle, crache dans le ciel, Le client doit payer des sous à la pelle

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Die Brücke zum Park  Le Pont vers…le Paradis.

Tout est parfait, de la vie à la mort, En attendant il faut franchir ce pont Qui vous mène tout droit, là, Où vous vouliez vivre et être heureux. Je ne vois personne qui le franchit, Si ce ne sont que des fantômes…à traverser.

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Tutto é perfetto, della vita alla morte, Nel fratempo egli deve attraversare questo ponte Che vi porta direttamente li, Dove si vuole vivere ed essere felici. Non vedo nessuno che attraversa, Se sono solo fantasmi…da attraversare. 6262 IMG_5034

Der nachdenkliche Enter

Monsieur canard reste songeur! 

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Was bleibt übrig?

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À suivre

Oeil von Lynx- Freiburg à vol d’oiseau -19 Februar 2011 (photos 09/12/2014)

Catherine Importuna à L’Entrepôt d’Avignon 2007

 

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Catherine Importuna à L’Entrepôt d’Avignon

La NONNA à l'ENTREPOTCatherine Importuna à L’Entrepôt d’Avignon – Festival d’Avignon 2007

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PUPI de Catherine Importuna et Jürgen Ehre

Les marionnettes le Normand et le Sarrasin sur scène pour un combat…

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Catherine Importuna L'Entrepot Avignon (1)

COSI FU LA NONNA

Ou l’épopée d’une femme sicilienne

Dans cette épopée méditerranéenne, ma grand-mère ( la nonna) Margherita part avec sa mère et ses sœurs, sur les routes de sa Sicile , pour rejoindre « leurs hommes » partis chercher du travail en Tunisie.

A travers des histoires vécues et imaginées de personnages qu’elles auraient pu rencontrer sur leur chemin ( l’histoire parallèle d’Imad , fils d’épicier, qui interroge son destin qu’il voudrait fabuleux, la rencontre avec Michelina la sicilienne et ses ruses de femme et, enfin, les rêves de Djeha, le fou ou le sage ) nous les suivrons tout au long de leur voyage jusqu’aux portes de l’Orient.

Et la Sicile se dévoilera au rythme d’une danse effrénée de « pupi »…

1 PUPI le Normand et le Sarrasin 2003 (2)

Nous inspirant des « pupi » ( marionnettes traditionnelles siciliennes à tiges et   fils ), nous avons créé notre marionnette-héroïne du spectacle ( la nonna) et aussi les chevaliers normand et sarrasin (qui font partie de la légende de Charlemagne qui se raconte souvent dans ce genre de spectacle sicilien ).

Il ne s’agit pas de copier les « pupari » de Sicile ( marionnettistes ) mais de replonger mes racines dans l’encre sicilienne pour raconter, à ma manière, l’histoire d’une vie, celle de la « Margherita ».

Sur cette terre magique où se sont entremêlés peuples et influences multiples pour donner naissance à une culture méditerranéenne riche de contrastes. Et épanouie par sa diversité de couleurs, de saveurs et de parfums.

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Catherine IMPORTUNA est à l’origine de la création de la Compagnie ‘NZEMMULA (ancienne Cie.La Nocturnale) en 1989 à Paris. Depuis 1994, elle est la conteuse/narratrice de la Compagnie pour laquelle elle écrit et/ou adapte des textes modernes et anciens, ouverte à toutes sortes de spectacles et disciplines concernant la Méditerranée.

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Jürgen EHRE peintures-Malerei 1963-2016

via Jürgen EHRE peintures-Malerei 1963-2016

« Le gant »

« Le gant »

Il reste une rose fanée, un gant de ta main si fine, un cœur aux abois aux palpitations incertaines mais frémissant… de bonheur… Te souviens-tu ? Tu éclatais de rire, comme tu rias, comme tu riais… le bonheur et tantôt la souffrance… les larmes… et la nuit…  les cérémonies amoureuses, la tendresse, et l’aube venue… parfois le visage douloureux, tu t’étais mise à genoux, la tête dans tes mains… les cheveux épars, et toutes les plaintes changées en rire, toi, Mädchen aus der Fremde…

Où iras-tu mourir, mon amour ? Où serai-je quand le papillon violet se posera sur tes paupières joyeuses… je veux le savoir pour t’y rejoindre…

J’eusse préféré qu’on m’arrachât à mes rêves… Solitude est ton nom, le plus fort de tous les amours, et puis, tu disais de l’amour: « Die letzte Einsamkeit ist der Liebe größte Stunde »

J.E.

à Anne Faucher

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… et la pluie qui tombe goutte à goutte par une sombre journée comme les larmes qui n’allègent pas le chagrin…

Quand le destin dans son irrévocable impétuosité frappe, et souvent à l’improviste, nous faisant perdre un ami, nous restons interdits comme paralysés, éperdus d’affliction ; la raison n’accepte guère cette triste nouvelle et nous essayons de reconstituer le souvenir que nous avons de cette personne qui nous fut chère, pourtant toute interrogation reste vaine, tristesse, regrets et émotions s’y mêlent ; nous sommes incapables de trouver une explication et nous devons accepter la vérité fût-elle l’accomplissement d’une vie telle qu’elle doit l’être pour nous tous, un jour ou l’autre.

Anne nous a quittés laissant derrière elle l’empreinte joyeuse de sa personnalité, une femme qui aimait profondément la vie, qui acceptait les contradictions, l’absurde même, et les paradoxes dont la vie aime nous narguer, nous malmenant parfois tout en nous réservant la surprise d’un bonheur aperçu…  Anne, me semble-t-il, cultivait un inénarrable optimisme, avec son humour et  son sens de la tolérance elle nous étonnait, sa repartie prompte, son rire même créait des échos contagieux. Infatigable et assidue à la tâche, elle trempait sa plume intrépide dans son encrier de granit pour redessiner les confins lointains d’horizons… nous incitant à la suivre dans sa promesse de voyages de rêve…

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Elle savait partager ses découvertes pour notre plus grand enchantement, car ses articles, toujours bien documentés et où la beauté des images rendait honneur au récit… avait cette excellence qui réconforte et instruit le cœur de l’homme tout en l’enrichissant.

Il n’est que  trop juste de lui rendre cet hommage. Elle nous manquera !


Un ami

 

 

Hoo Mojong… la dame de Shanghai.

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Hoo Mojong… la dame de Shanghai. Atelier Jürgen Ehre Paris 

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Hoo Mojong… la dame de Shanghai.

Recréer ce monde à notre mesure et selon notre exigence, afin qu’il apparaisse à nouveau enchanté, tels des songes où tout objet est animé par le sang dont il a  besoin pour habiter l’imagination et le cœur des hommes, ainsi un courant à peine secret alimentait la peinture de Hoo Mojong une force cachée y rayonne sous le regard du spectateur ; c’est la poésie,  grâce à laquelle la transfiguration est visible  face à la fugacité du temps. Car ce que voit le peintre ou le poète au-dedans de lui, c’est la part humaine d’un paysage, c’est son éternité !

Source d’inspiration qu’elle tirait de sa propre substance, une force instinctive puisée dans un monde qui a connu encore la solitude, l’odeur secrète du rêve et  le silence, afin de recréer un monde enchanté, presque oublié.

Des toiles de Hoo Mojong émane une force d’âme habitée d’une poésie ayant ses racines dans la réalité expressionniste aux couleurs fortes, belles et surprenantes… Les thèmes s’y prêtaient, proches de l’homme et de son environnement ; l’homme au labour, dans ses occupations journalières ou sacrées… reflétant son univers entouré des « natures mortes » ou plutôt vivantes ; de belles compositions, comme un plat de légumes sous un éclairage béni, des pommes flamboyantes à croquer, et surtout le pain, à la couleur dorée, l’essentiel, symbole de survie et du sacré, ou une cruche d’eau qui ne se brisait jamais…

Sa peinture, ses dessins et ses gravures restent fortement ancrés dans la pure tradition de l’art de la peinture, avec quelque chose de plus, sa personnalité, son toucher de pinceau, le choix des nuances et l’amour des compositions… plutôt audacieuses.

Sa main ne tremblait point ; toute forme apparaissait dans sa somptuosité, pleine, aux courbes organiques, immobiles et vivantes en même temps, éclairée d’une lumière qui les fixait à jamais.

Hoo Mojong fut peut-être une des dernières artistes peintres fidèles à la tradition de la peinture sur toile (telle qu‘on la transmise… ou imaginée).Pourtant, jamais elle ne renonçait à cet effort continu de réinvention pour maintenir son monde, les couleurs de sa palette et les formes créées par son imagination,  au niveau de ses songes.

Hoo Mojong dans son atelier à Paris 1970

Biographie : 

Née en 1924 à Shanghai, elle passe sa jeunesse à Ningbo, province de Zhejiang, Chine, avant de partir à Taiwan. Plus tard elle s’installe à Sao Paulo, Brésil, en 1950, avant de venir travailler et vivre à Paris en 1965 où elle rencontre le peintre Zao Wou- Ki. Elle s’inscrit à « l’Académie de la Grande Chaumière » pour y apprendre la peinture à l’huile et le dessin. Hoo Mojong a remporté le premier prix au « Salon des Femmes-Peintres », en 1968 à Paris. Des expositions  suivent : L’artiste expose à Madrid en Espagne, San Paulo, Rio de Janeiro au Brésil, Göteborg en Suède, Paris, Galerie Conseil régional de Bourgogne, Taipei, Shanghai et Hong Kong de 1960 à 2001.

En 2002 elle quitte Paris définitivement et retourne vivre à Shanghai et expose ses œuvres au « Musée d’Art de Shanghai » auquel elle a fait don de quelques-unes de ses peintures.

En  2011, une grande rétrospective lui est consacrée au « Shanghai Art Museum », et  « Hoo Mojong Paper Works Exhibition », au « Today Art Museum », Shanghai, Chine. Une dernière exposition  à Saigon lui fut consacrée en 2012… avant de nous quitter.

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Après avoir vécu 37 ans à Paris, Hoo Mojong a préféré regagner son pays à la fin de sa vie… comme pour retrouver ses racines, sa terre natale, une destinée toute tracée…

 

Jürgen EHRE Paris 25/10/ 2016

Connaissiez-vous LEONORA à la crinière noire… Acte V (New York)

Connaissiez-vous LEONORA à la crinière noire…  Acte V (New York)

  Let’s give a party !“

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Cette femme fut d’une beauté éblouissante à couper le souffle à ses adorateurs, sombre et sauvage  et d’une séduction sans égale !

Résume :

Leonora Carrington est née le 6 avril 1917 dans le comté britannique du Lancashire, et a vécu depuis les années 40 au Mexique jusqu’à sa mort. Leonora Carrington fut la muse des surréalistes et l’amoureuse de Max Ernst.

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Sa personnalité  était forgée ; laissant derrière elle des offres de mariage conventionnels et fortunés, ce qui fit le désespoir de ses parents… et bravant tout et tous, nageant à contre-courant des conventions établies … jusqu’à ce qu’elle  leur déclara un jour de vouloir  « faire la peinture », goûter à la liberté dont elle pressentit le feu dévorant dans son sein… elle déclencha une grave crise familiale, et sa mère déclara que  « Faire la peinture c’était bon pour des miséreux et pédés ! » Aux yeux de cette haute bourgeoisie- là « La vie d’artiste; des dépravés, il faut être un idiot pour croire que peindre est de quelque utilité »  rajoute son père Harry !

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On lui présente Max Ernst… qui tombe instantanément amoureux de Leonora, de sa beauté… il est fol de ses longs cheveux noirs, de sa bouche rouge, de sa peau blanche, elle est d’ores et déjà sa princesse, et bientôt sa reineil lui parle des surréalistes, de la révolution permanente,  du Dada…  et avec Eluard la poésie devient chaire et sang…

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Comment dompter cette jolie femelle, cette pouliche à la crinière noire qui hennit et fait résonner ses sabots…  battant  de ses ailes d’impatience  devant la vie ? !

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Elle a ensuite vécu avec Max Ernst à Saint-Martin-d‘Ardèche dans une ferme isolée, jusqu’à son arrestation en 1940, après l’occupation de la France pendant la Seconde Guerre mondiale. Grâce à lui, Leonora fait la connaissance de Picasso et Buñuel (« Espagnols grossiers » selon elle), Dali, Man Ray, Miro, Breton, Tanguy, Péret, Bellmer, Arp et bien d’autres.

À la suite des souffrance pendant la guerre Leonora fait une grave dépression…  La malheur la poursuit jusqu’à Madrid où elle est internée sur demande de sa famille  dans une clinique psychiatrique à  Santander.  Des doses fortes de Cardiazol  lui sont administrée… tout en se révoltant contre « les assassins d’âme » comme elle les appelle… elle peint  nuit et jour pour préserver quelque chose  à l’intérieur d’elle-même !… Puis sa famille décide de l’envoyer en Afrique du Sud dans une clinique psychiatrique, un asile de fous… le diable est à ses trousses.

À Lisbonne pourtant elle échappe par miracle à la surveillance de la délégation de la « Imperial Chemical »(de sa famille)… et  parvient à se réfugier à l’ambassade du Mexique, attendre  Renato LEDUC, son sauveur !

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Suite: De Lisbonne à New York, le départ

Leonora Carrington parvient à rejoindre Lisbonne  où elle rencontre à l’ambassade le diplomate, journaliste et poète mexicain, Renato Leduc, qui accepte un mariage de convenance pour l’aider à quitter l’Europe. De Lisbonne elle s’embarque pour New York où elle demeure jusqu’en 1942. Elle partira ensuite au Mexique qui devient sa terre d’élection jusqu’à sa mort en 2011. Episode à suivre…

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Au port de Lisbonne, le hasard lui fait retrouver Max Ernst… elle plonge dans l’abîme des yeux bleus d’aigle de Max… terrible consternation pour Leonora ; Max, son grand amour, son Dieu, son oiseau supérieur, est seulement préoccupé de ses toiles perdues ou à récupérer qui sont restées dans leur maison en Provence… le sort de Leonora et de sa souffrance le laisse froid…  La rupture s’annonce déjà, bien qu’il se montre encore amoureux d’elle… mais elle ne lui cédera plus.

Ici à Lisbonne, tous attendent d’embarquer pour l’Amérique et à New York ! Peggy Guggenheim organise et paie le voyage de tous ses amis surréalistes fuyant la guerre (André Breton et sa femme, Jacqueline et leur fille, Aube… Marcel Duchamp,  Kay Boyle et Laurence Vail, Herbert Read,  Hans Arp,  Leonor Fini, Yves Tanguy et sa femme… ils sont nombreux à la solliciter sans vergogne).

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Peggy est leur protectrice, ils lui doivent beaucoup, et peut-être la vie… Max aussi« Ernst dans ses forêts »),  tous  ces ex-maris, ex-épouses, amants, enfants de mariages précédents… ils dépendent de Peggy ! Tous tournent autour d’elle comme des mouches… un entourage extravagant et rebutant, presque grotesque !

Quel cœur généreux, cette Peggy dont le nez est la chose la plus laide au monde… mais…  entre- temps… elle est déjà avec Max, le prédateur opportuniste…  qui partage son lit! 11 max ernst - Copie

 Le cœur de Max ne frisonne point ; coureur de jupons notoire au charme irrésistible, ses sens commandent et il obéit. Les sens de la femme s’expliquent  et elle craint de les écouter; c’est l’affaire de l’homme que de la distraire de sa crainte, de l’enivrer et de la séduire… par la galanterie, cette variété de moyens énergiques ou délicats que la passion inspire soit au mâle, soit  à la femelle, pour obtenir cette préférence qui conduit à la plus douce, la plus importante et la plus générale des jouissances, la galanterie est dans la nature; témoin toute cette diversité de gentillesse pratiquée par le mâle pour plaire à la femelle, et par la femelle pour irriter la passion et fixer le goût du mâle ! Peggy l’a prélevé  dans son cheptel! Et la coquetterie? Non, ce n’est qu’un mensonge !

 Jusqu’au départ  cette bande s’affronte, la jalousie fait rage entre eux, ils se chamaillent, se réconcilient; leurs confidences sont scabreuses, ils connaissent la vie intime de chacun et ne se souviennent plus le lendemain qui a couché avec qui; le seul secret qu’ils gardent  jalousement… c’est le montant de leurs revenus !

Max et Leonora contemplent une dernière fois ensemble un « Bosch » au musée national d’Art ancien: « Les tentations de saint Antoine » Et Max la dévore de ses yeux bleus d’aigle comme un trophée; elle est si belle, avec son visage blanc, sa chevelure noire, sa bouche rouge, ses grands  yeux  noirs où brûle  un feu immense, c’est une femme à corps de cheval ou une pouliche à visage de femme dans un galop furieux qui attire les regards…  Max, toujours amoureux, la suit de ses yeux comme un oiseau de proie ! Mais Leonora ne s’enfuira pas avec Max…  à cheval sur un poisson !

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Peggy paie tout !

C’est enfin le départ… les mouettes font leur ballet, l’air salé de la mer les enivre… et Jésus lui-même, un peu ivre, les accompagne marchant sur les vagues… à côté de lui une chinoise géante qui mange du chewing-gum !

Enfin… New York!

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 Leonora et Renato s’installent à Manhattan …

Venant de la douce Provence française… ils sont subjugués par cette ville dont les gratte-ciel leur sembles menaçants… et défier le ciel… mais la vie y est enivrante et effrénée et l’air si pur, le Central Parc n’est pas loin pour des promenades… on prend le thé chez Tiffany… avant de visiter la Galerie Pierre Matisse, et de se retrouver dans la maison de Peggy à Hudson où tous ces artistes sont les bienvenus, sous l’égide de leur protectrice, la fameuse Peggy Guggenheim;

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Peggy Guggenheim, née mécène… l’astre éblouissant des artistes… celle qui a juré d’acheter « une toile par jour », ce qui a  fait la joie et la fortune de ses admirateurs et amants d’artistes peintres !

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Chez Peggy à New York… l’ordre du jour est souvent :

« Let’s give a party ! »

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S’y joindront : Fernand Leger, Pier Mondrian, Man Ray, Marcel Duchamp, Salvatore Dali et Gala, Meret Oppenheim, Luis Buñuel… et bien d’autres  fêtards surréalistes et ambitieux propulsés par Peggy afin de réussir à New York ! On courtise et travaille avec, entre autres,  Masson, Chagall (le rapiat, celui qui ne prêta jamais un sou aux amis !),   Calder Seligmann, Matta et Robert Motherwell; tous ces noms qui sont entrés dans l’histoire… ils ont vécu au bon moment, au temps des mécènes et collectionneurs passionnés ! Le gratin… « On the top of the world ! »

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Grâce à Peggy, la reine des relations publiques et son flair indubitable  pour les affaires, les surréalistes peuvent exposer dans sa Galerie et vendent leurs œuvres !

 Tous mènent une vie enivrante et effrénée

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A Munich, le 20 avril 1945, der « Schnurrbart » défait par les alliés, se suicide. Et la sublime Lee Miller, un ancien top model américain devenu reporter de guerre pour le magazine Vogue, enlève ses vêtements… ensuite ses brodequins boueux pour plonger dans la baignoire du fureur, avec sa photo encadrée dessus. Photo authentique, on se demande bien ce que la journaliste-reporter d’images pensait et quelle était sa réelle psychologie. Celle du Schnurrbart aussi d’ailleurs.

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En bref :

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Max Ernst, obsédé par Peggy, entraîne les surréalistes dans « une valse de dollars… » mais Leonora, notre jolie pouliche indomptable, lucide et déterminée, prend ses distances avec Max… qui la cruellement déçu lors de leur retrouvailles impossibles ( ne se souciant aucunement d’elle, ni de sa souffrance  lors  de son incarcération à l’asile… ne pensant qu’à sauver ses œuvres laissées  en France dans leur maison, reproches faites à Leonora). Elle  entend  faire la peinture, s’y consacrer entièrement, dans le calme, tout en pensant à son séjour à Santander qui l’a transformée… et dont elle ressent encore les traces et cicatrices pas tout à fait guéries… elle en souffre toujours, et à tel point que…

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André Breton lui parle  d’un écrit du psychiatre Pierre Janet, « L’amour fou », une étude de l’hystérie chez la femme », et lui conseille d’écrire un livre, sorte de catharsis, qui pourrait alléger sa souffrance… elle y viendra plus tard… avec d’En-Bas !

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Kay Boyle(la femme de Laurence Vail, l’ex de Peggy)

Exposition  et fêtes !

Un jeune anglais richissime se  joint à eux… Edward James, mécène de son passe-temps… plus tard il s’occupera presque exclusivement  de Leonora afin de faire connaître sa peinture et lui arrange des expositions ! Sa richesse est venue de l’exploitation Marshall des bois… il a les moyens de s’occuper des artistes éternellement quémandeurs.

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 Entre temps… Renato Leduc parle à Leonora de la beauté du Mexique… il songe l’emmener dans son pays… elle se laisse persuader et décide de suivre Renato au Mexique… laissant Max définitivement à Peggy… avec laquelle elle jalousait Max.

D’ailleurs, une entrevue  eut lieu entre ses dames remontées de jalousie, et toutes griffes dehors… Leonora, sublime, intransigeante, ne partageant rien… lui jette Max comme un gant usé devant les pieds et quitte la chambre… laissant Peggy interloquée !

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Peggy jubile… mais pas longtemps, Max la délaissera bientôt pour prendre une nouvelle maîtresse, la toute jeune Dorothea Tanning !

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Décidément, ce Max a bon goût, Dorothea est également une beauté brune et belle jeune femme… à vous donner un mâle appétit, elle doit  lui rappeler Leonora… même type de  beauté au caractère trempé.

Patricia Allmer

Dorothea Tanning (née le 25 août 1910 et morte le 31 janvier 2010  à 101 ans) peintre américaine, sculptrice et écrivaine, elle fut l’une des premières femmes qui osa renverser la perspective érotique dans l’art…  ses peintures expriment les fantasmes de la femme.

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Dorothea Tanning l’insatiable beauté… posant  ici avec Max Ernst…

Elle fera partie des femmes gravitant autour des artistes surréalistes, deviennent leur muse, une projection du  désir de l’homme… elles doivent être belles et fascinantes, avant d’être  mère ou épouse… rien de plus…

Dorothea fut la quatrième femme de Max Ernst, après  Luise Straus-Ernst en 1918, Marie-Berthe Aurenche en 1927, et Peggy Guggenheim  en 1942… ce fils de pute et salopard, ce « barbeau » comme l’appelle  Renato Leduc, vit des femmes… sacré oiseau supérieur dont Peggy fut la pourvoyeuse et Leonora l’inspiratrice !

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Mais  que se passe-t-il vraiment d’autre  à New York pour nos artistes ?

Tous ces peintres, poètes et saltimbanques… venus  à la remorque  (de) grâce à Peggy à  New York, vivent  à ses crochets, mais en même temps il y a une grande émergence, un souffle fort et significatif qui aide les artistes à évoluer, à se consacrer à leur peinture, et ceci avec  un espoir sans égale, car les mécènes n’étaient pas rares en ce temps-là, des fortunes immenses miroitaient la  gloire… bien que la guerre fît déjà rage en  Europe et allât entraîner l’Amérique dans sa spirale infernale.

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Privilèges ils le sont et le savent, loin des c(h)amps de la mort… Soutenu surtout par cette femme extraordinaire ayant les moyens, bien  sûr, de les secourir… et ils en sont parfaitement conscients ! Cette vie tumultueuse, travailleuse… baiseuse et aussi fastueuse qu’ils mènent, ils la doivent à leur protectrice richissime. Et Peggy, en grande déesse, n’a qu’à se cueillir parmi eux les amants qu’elle veut. Ils tomberont tous dans ses filets… que peuvent-ils faire d’autres ? Ils avaient le choix, évidemment, mais ce fut risqué… pour leur carrière artistique et ça, c’est tabou ! (tous furent prélevés dans le cheptel) Même Marcel Duchamp, après une longue résistance et hésitation, finit par lui succomber… échec et  mat…!

14 Breton ECHEC et mat.JPGÉchec et mat de Marcel Duchamp

Alors, les  petites histoires de coucheries, ça passe toujours, on s’en accommode… le temps passe, il n’en restera pas grand-chose… mais la peinture reste! Le choix est vite fait pour eux; même si certaines femmes (de peintres) abandonnées et leurs enfants  pleurent  tout leur soul… la toile n’a pas de cœur,  elle est inflexible,  mais elle veut vivre, perdurer, sa pérennité seule lui importe… et pleuvent les bombes et crèvent des êtres humains, fi !

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Sacrée Peggy; elle avait de la classe, elle  était de ces femmes qui, ayant eu un caractère et n’ayant pas négligé de nourrir leur raison, savent se créer une existence, quand celle  de la nature… à l’âge venu, leur manque; alors elles mettent à leur esprit les parures qu’elles employaient avant pour leur figure !

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New York est devenu la Mecque de l’Art, toutes les opportunités y sont réunies; les galeries, les événements culturels, l’espoir pour les artistes de se faire connaître et d’évoluer. Leonora doit choisir selon son destin, mais ce conflit de quitter New York pour le Mexique la ravage encore; ne risque-t-elle pas de s’enterrer dans ce pays lointain… si loin de ses compagnons surréalistes devenus célèbres ?

Pourtant elle choisit son chemin et partira avec Renato Leduc au Mexique. Elle ne supportera pas de se paralyser à l’ombre de Max, l’oiseau supérieur, elle est stupéfaite de ce qu’un être, sans le vouloir, puisse peser d’un tel poids dans le destin d’un autre être… mais elle est consciente de posséder toute la force pour affronter une nouvelle vie, l’inconnue, ailleurs, au pays des sacrifices humains, mais vierge encore…

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Leonora Carrington demeure à New York jusqu’en 1942. Elle part ensuite au Mexique, qui devient sa terre d’élection jusqu’à sa mort en 2011… à suivre ( au Mexique)

Connaissiez-vous LEONORA la pouliche?… Acte I

Connaissiez-vous LEONORA  la jument verte ?… Acte II (Paris)

Connaissiez-vous LEONORA le cheval blanc ?… Acte III  (La Provence)

Connaissiez-vous LEONORA  le cheval rouge?…  Acte IV  (Vers l’Espagne…  Madrid et Santander…  Lisbonne)

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 OvL Paris, le 11 mai 2016

ROME… l’éternelle

ROME… l’éternelle  

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 Le sang afflue à ma main

Posée sur mon cœur;

Des images fugitives remontent à la lumière ;

« Vivre » suffirait désormais à m’occuper

Et assister à des spectacles manqués…

Avant que le vent d’oubli ne souffle.

Le soleil perce lentement le brouillard des songes,

Et l’haleine de la terre est chaude sur ma figure.

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 Je  n’oublierai jamais

Sa tête posée sur mon épaule,

Dans ce bref intervalle d’un soir,

Elle y  demeure toujours…

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Rome,

Avec la majesté de ton nom,

Étendue sur tes sept collines;

Univers de pierres et glorieux chaos de ruines

D’où émergent des palais,

De tragiques églises,

Lieux de mystère et de vertige.

Et de coupoles irisées,

Des colonnes fières et muettes,

Et des statues aux bras

De ruines désespérées…

Montrant le ciel.

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Rome,

Avec tes monuments, tes souvenirs,

Ton passé, tes légendes,

Tes caveaux… et tes fêtes fleuries;

Avec tes martyrs, tes tombes et soupirs…

Tes morceaux de Saints

Et de morts miraculeux.

Et ton ciel plein d’images pieuses…

Où les hommes et les dieux,

Terrassés, tombent à genoux…

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 Tes jardins luxueux où l’ange du Seigneur

Descend dans les cœurs,

Où des grands rosiers blancs

Jettent la neige de ses fleurs…

Comme le soleil marque l’ombre des cils

Sur le visage d’une  femme…

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 De ce masque tragique coulait un mince filet d’eau,

Éclairé par le jour mourant.

Avance ta main; 

Bouche de la vérité, toujours la vérité…

Tu mords sans faire du mal…

Elle te révèle ton âme

Comme une  volonté hautaine d’arrêter le temps !

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 Des morceaux de torse enfoncés dans la terre,

Dans des gravats sculptés,

Et des bustes sublimes au regard de pierre…

Dans le vaste silence pieux

De la solitude et de l’oubli,

Qui résonne comme un serment,

Où l’on n’entend plus que le bruit

De la faux invisible du temps…

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 Où le ciseau de l’artiste

A dépassé le génie de l’homme,

Devant ces effigies de Dieux… et de Déesses sacrées,

Comme par le baiser d’amour des siècles, polies et caressées,

Et de gouttes de larmes qui ne mouillent pas…

 99 ROMA (2) [640x480]

 Tes palais, noirs de vieillesse qui, de leur splendeur délabrée,

N’ont gardé qu’un vol d’oiseau soutenant toujours en l’air un balcon disparu, au-dessous du voltigement des lessives pendues…

1010 Rome [640x480]

Un souffle les gonfle comme un voile somnolent.

Accompagnant des âmes voguant à l’horizon…

 1111 ROME (7) - Copie

 Figures tragiques, êtres de cendre et de poussière,

Dont le corps se fond en rêves, ou est-ce… douce volupté?

Solennité immobile et muette,

Et grandeur de mort dans un repos pétrifié.

 1212 ROMA026 (Copier)

 Des colonnes isolées qui ne s’appuient plus qu’au ciel

Surgissent des pointes d’épées

Noires sur le ciel…

Où se tient l’ange resplendissant aux ailes déployées…

13 ROME (22) - Copie [640x480] 

De ponts victorieux au milieu des dieux…

De tes arcs de triomphe enterrés et des fosses encombrées.

 1313 ROME (8) [640x480]

 Ville magique, ville éternelle,

Dans sa grandeur perdue

Et à chaque fois retrouvée,

Quand tombe un tintement de cloche.

À peine bavarde…

Sous un ciel de plomb éteint, jaune et blafard.

 1414 ROMA010 (Copier)

 Où les femmes sont si belles,

Amoureuses ou rebelles,

Où l’homme galant

Parle aux nuages

Pour atteindre leurs rouages ;

Où les statues lui succombent

Dans ses bras ouverts comme une tombe.

N’oublie pas la beauté qu’ils t’ont donnée,

Les dieux dans leur magnificence,

Et le bonheur qu’ils t’ont légué…

 1515 ROMA018 (Copier) (2)

 Les statues te regardent passer de toute leur chaire nue,

Dieux et déesses en marbre, et des centaures galopent,

Emportant sur leurs reins fumants de belles filles pâmées…

Parmi ce triomphe de la chair,

Cette nudité étalée, glorifiée,

Qui clame la toute-puissance de la nature, l’éternelle matière. Impérissable !

 1616 ROMA012 - Copie (Copier)

 À la nuit tombée

Tu montres tes fantômes,

Tu feints de savoir où sied ton génie,

À tromper tous les vivants,

À rappeler les morts

Au clair de lune

Dans ta superbe supercherie.

17

17 ROME (15) [640x480] 18 ROME (17) [640x480]

 Quand se lèvent les prières

Aux mots brûlés à rêver sur le divin,

Lentement se réveille la volupté animale,

Où tu souffres des branches de rosiers

Dont les épines ensanglantent ton linge…

Terrain mystique de songes impossibles,

Ô Ville éternelle, cœur en larmes;

Au bout circule un filet de sang

Montrant le chemin au martyr, la seule issue !

 1818 ROMA053 (Copier) (2)

Rome qui s’enfonce dans ses tombeaux.

Tragique décor de ruines et de sépultures…

Propices à la contemplation et à la rêverie. Chaque siècle en avait renouvelé la gloire, comme sous la sève d’une immortelle jeunesse ;

Il régnait là une ombre, un silence, d’une grandeur morte et d’une infinie tristesse…

 1919 ROME (24) [640x480]

 Des fontaines coulent un nectar,

Nourrissant les angelots,

Murmurant des prières,

Tantôt joyeux, tantôt en sanglots…

 2020 ROME (10) [640x480]

 Des façades se penchent tes héros.

Eux seuls meurent debout…

Sous ton œil émerveillé.

Tes places impérieuses

Évoquent la nostalgie…

 2114 ROMA058 (Copier) (2)

 De ponts victorieux au milieu des dieux…

De tes arcs de triomphe enterrés et des fosses encombrées

 2222 Rome porte de la mort [640x480]

 La Porte de la Mort au marbre noir,

Aux tibias envolés d’un squelette doré,

Masque aveugle à l’image du trépas,

Dressant en l’air,

Avec le bout de ses phalanges d’os,

Le sablier du Temps éternel…

Cette terre où les martyrs dormaient de leur doux sommeil,

En attendant le réveil glorieux…

 2321 Rome [640x480]

 Blanche est ta lumière douloureuse,

Où les fleurs exhalent leurs parfums dans un adieu odorant,

Où la colère de l’homme et du ciel et l’eau se mêlent au noir de la flamme

 Se rejoignant dans un incendie et un déluge, le ciel implorant!

 2424 ROMA023 (Copier) (2)

 Telle une  déesse à l’ombre d’un cyprée,

Ta silhouette se dessine et se perd dans l’immobilité

Dans ce désert de pierres nées et jetées là pour toujours ;

Lieu cruel où se rencontre la passion du cœur humain,

La passion de voir mourir… et la folie de mourir…

 2525 Rome ange [640x480]

 Des anges équivoques, beaux comme des belles filles.

Des femmes désirables avec des hanches et des gorges de déesses ;

Propices à la contemplation et à la rêverie.

Chaque siècle en avait renouvelé la gloire,

Comme sous la sève d’une immortelle jeunesse…

 2626 ROMA029 (Copier)

 Tu tiens dans la main un cœur haletant

D’où naissent tes héros que la louve a sevrés.

Sur leur colonne majestueuse

Immobile dans le temps…

Hymne poignant à la grandeur du passé

Qui nourrit nos âmes et éclaire les profanes.

 2727 Rome louve[640x480]

  Des siècles de lumières

Ressuscitent dans tes bras,

Une rêverie qu’emprunte

Ses teintes romantiques…

À une vision de joie.

 3030 Rome

 Ville du sacré et des cérémonies,

Couronnée de statues nues

Qui se pâment sous ton ciel

Dans tes jardins mystérieux

Aux ombrages parfumés

Et palais orgueilleux.

3129 Rome [640x480]

 Sous le charme des jardins

D’où jaillissent

Des silhouettes tourmentées,

Où chuchotent des rois, prisonniers

Dans cet océan de verdure,

Au milieu des acanthes,

De faune et bacchantes,

Où le cœur en bronze

Est une torche vivante.

Dans ce sublime décor  de l’obscurité

Sous la clarté des étoiles… 

 3332 ROME (25)

33 Rome [640x480] 

Au coucher du soleil la ville s’embrase,

Cet ange, en douceur  sur ta gloire se penche.

Il défend tes vestiges, apaise les douleurs,

Épris de la poésie de tes ruines crépusculaires.

 35 Rome ange [640x480]

 À Rome repose

Un songe transfiguré

Où les prières se mêlent

Aux éclats dorés…

Des trésors

Qui lui sont dus

Pour l’éternité.

 3636 ROME 006

 Les semences jetées de roses sauvages

Et de citronniers d’or au parfum pénétrant ;

Et d’arbres majestueux qui s’arrachent de la terre

Comme un nœud de chimères et de beaux serpents…

Au milieu des colonnes tragiques et immortelles…

 37

ROMA (3) [640x480]

Blanche est ta lumière douloureuse,

Effervescent ton baroque,

Et majestueux le scintillement de tes fontaines.

Où les femmes sont si belles,

Amoureuses ou rebelles,

Où l’homme galant

Parle aux nuages

Pour atteindre leurs rouages :

Que les statues lui succombent

Dans ses bras ouverts comme une tombe.

 

N’oublie pas la beauté qu’ils t’ont donnée,

Les dieux dans leur magnificence,

Et le bonheur qu’ils ont légué !

OvL 2012

 

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« MOONLIGHT »

1410 MOONLIGHT peinture  146x114cm EHRE 2015.JPG DSC_0024 - Copie (2) [640x480]

« MOONLIGHT »  

Tels des astres dans une danse haletante et effrénée, noyés dans leur robe de  couleur, où l’esprit et le sang se mêlent aux réminiscences tourbillonnant autour d’eux-mêmes,  là où le destin œuvre intérieurement avant de toucher l’âme du dehors… les signes apparaissent dans un jeu d’artifice aveugle, comme un chant sourd d’orgue, jusqu’à ce que les ténèbres engloutissent tout dans un sanglot chaud et humide…

Un crâne à cornes oscille dans son reflet doré… une tête de mort risque une  grimace d’apocalypse… 

La hache taille sa fureur dans le rouge fécond des vives blessures corroborées dans le creuset de la vie avant de s’immobiliser sous la clarté d’une lune d’outremer…

De ce creuset jaillissent, tel un tourbillon, les couleurs en flammèches, surgissent de nouveaux corps, s’élançant hors des mots… des signes obscurs qui seraient alors les mots des corps écorchés, morceaux de corps transfigurés en signes après l’opération alchimique de réfection du corps imaginaire… une éruption de vie, une ardeur de vivre … irradiant et rayonnant sur la toile où la peinture devient danse.

Le dernier scarabée avance, hésitant, d’un pas prudent sur les replis éventrés…

Quelque chose battait encore, sourd et rythmique, autour du cœur palpitant dans la nuit baignée de crépuscule…

Les champignons agitent leur poison… « Gift »… c’est la promesse… pendant qu’un petit crâne blanc avertit  d’une grimace le destin…  et, d’un sourire  narquois, jette ses osselets rongés de sortilèges…

La nuit était muette, elle luisait comme un noir joyau dont des arêtes jetaient des feux confus… ivres dans leur scintillement silencieux… avant de se précipiter dans l’obscurité, sans savoir où ils allaient et poussés par une force aveugle, comme une vie projetée subitement dans la profondeur des destins inconnus…

Quelque part, les battements d’ailes dorées d’un papillon mesurent la délivrance  auprès d’un fulgurant mystère…

Et la clarté… qui s’éteignit par-dessus toute la respiration humaine… dans une intempestive transmutation… où la terre s’affronte, de sang trempé, émulsion  joyeuse, à la fois et ténébreuse…

Quelques blancs de craie légers posés comme un baume sur les supplices qu’aucune bénédiction ne saura plus retrouver…

Méfiez-vous des belles nuits pacifiques, convulsées et pacifiées, où les éléments défilent dans une atmosphère de fournaise infernale, quand les étoiles déferlent comme un mascaret de feu au goût de soufre pâle, approchant des ténèbres !

Blanc comme la mort, dans un nid de fortune, un œuf attend d’être couvé… l’oiseau s’est envolé…

 

Jürgen Ehre 23 novembre 2015

Weisse Masken (masques blancs)

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Weisse Masken   (masques blancs)

Au-delà du regard, derrière ce miroir, l’œil du masque transperce l’apparence ouvrant à la vision l’infini de l’être, quand chaque atome qui constitue son âme se déchaîne… le paysage se change suivant les sillons qu’a creusés la mémoire. Ici apparaît le leurre animé par des pulsions indéfinissables, miroitant les possibilités d’une vie aux confins aléatoires. Et rien n’échappe à la lave incandescente, dorée, déferlante au fond noir de la scène…

 Jürgen Ehre  19/11/2014 

„Das rote Kleid… la robe rouge“

Das rote Kleid toile 195x130cm Jurgen EHRE 2014[640x480].jpg (2)

„Das rote Kleid… la robe rouge“

Quand la fête fut finie, elle quitta sa robe, sa belle robe sombre, rouge de sang, qui lui sied si bien. Elle la remit sur le cintre frêle de son existence tremblant du poids des souvenirs… après avoir enlevé ses bijoux et ôté ses trésors… puis déchaussant ses pieds, elle déposa dans son soulier rouge une rose blanche en guise de souvenir…  elle accrocha le bouquet de roses rouges offert à côté du flacon de parfum qui en garde l’essence pour s’en enivrer… Son éventail, lui échappant de la main si fébrile, resta suspendu au néant… car elle devait encore enlever son masque blanc, sans expression, devenu inutile désormais… dernier rempart de la soirée… qu’elle suspendit au mur doré… où il affiche son sourire dès lors.  Elle démaquilla ses yeux qui appelaient des baisers… et balaya son rouge à lèvres…

Ainsi dénudée… son corps léger et éthéré traversa le miroir… parfois un geste surgit, à l’improviste, faiblement… la volonté de la mémoire…

Jürgen Ehre – 04/10/2014